L'HISTOIRE DE NAMIKI

90 ans d'histoire

Naissance de la marque PILOT :

C’est en 1918 que furent créés au Japon les premiers stylos PILOT. A cette époque le pays s’ouvrait à l’influence Anglaise et importait les techniques européennes.

Des accords et contrats commerciaux se concluaient, et rapidement les Japonais dont l‘écriture était peu adaptée aux impératifs des échanges commerciaux, durent simplifier le tracé de leurs idéogrammes et adopter les standards calligraphiques internationaux. Il se créa alors au pays du soleil levant de nombreuses manufactures de stylos.

Ryosuke NAMIKI, ingénieur mécanicien et professeur à l’Ecole de la Marine Marchande de Tokyo, fut conquis par l’ingéniosité de ces stylos plume. Ses contemporains les appelaient « pinceaux de 10 000 ans » en raison du débit ininterrompu de leur réservoir d’encre. En même temps Ryosuke NAMIKI restait convaincu de leurs imperfections.

Avec le génie industriel, il réalisa alors un prototype de grande qualité. Après s’être associé avec un de ses collègues, Masao WADA, il créa la NAMIKI MANUFACTURING COMPANY et lança sa production de stylos plumes.

En hommage à la mer, leur autre passion commune, les deux associés donnèrent à la marque le nom de PILOT, se référant au navire amiral qui trace le sillage de la flotte.

L’entreprise devint en 1938 la PILOT PEN Co Ltd, puis en 1989 la PILOT CORPORATION, une appellation moderne recouvrant les décennies de créativité, d’innovation et de design qui ont permis à la marque PILOT de se positionner au premier rang de la technologie mondiale des instruments d’écriture.


URUSHI (漆)

 

Le Vernis du Japon (Toxicodendron vernicifluum) est un arbre du genre Toxicodendron (anciennement Rhus) qui pousse en Asie, dans certaines régions de Chine, en Corée et au Japon. Il est cultivé et exploité pour sa sève toxique, qui est utilisée comme un vernis très résistant servant à faire une laque utilisée sur les produits chinois, coréens et japonais. On trouve au Japon des objets traités par ce vernis et vieux de 9 000 ans datant de la période Jōmon.

 

La laque prend ses racines en Chine il y a plus de 3 000 ans, et sa technique s'est développée ensuite dans toute l'Asie du Sud-Est. Appliquée sur le bois elle le protège en l'imperméabilisant. On s'en servait aussi comme colle, par exemple pour faire adhérer des inscriptions en or sur des armes de bronze, dès la plus haute Antiquité chinoise. Mais son usage principal semble avoir concerné la protection des cercueils dès l'époque de la Dynastie Zhou (voir suite de l'article, ci-dessous). La production de laque s'est accrue et démocratisée dès le IVe siècle avant notre ère. On produisit ainsi des objets de vaisselle, dont certains exemplaires ayant servi de dépôts funéraires se sont parfaitement conservés. La laque pouvait s'appliquer sur de fines feuilles de bois, comparables à nos feuilles de contreplaqué, que les artisans courbaient par la chaleur et en utilisant des moules. En mélangeant des pigments à cet enduit on obtenait une riche palette de couleurs : rouge, noir, jaune, blanc, brun et bleu.


MAKI-E (蒔絵)


Les laques sculptées.

Dans la technique dite guri, une ornementation d'arabesques est sculptée en V dans l'épaisseur de la laque qui doit, de ce fait, avoir une épaisseur suffisante. Plus de 20 couches de laque peuvent être nécessaires. Une variante consiste à superposer des couches de laques de couleurs différentes. La sculpture fera apparaître les différents coloris étagés sur la tranche de la coupe.

 

Les laques décorées par incorporation de pigments ou de poudre d'or et/ou d'argent. Parmi ces laques, on retiendra les décors connus sous les vocables de togidashi, hiramaki-e et takamaki-e.

 

Décor togidashi : les différents décors sont exactement au même niveau que le fond. Il n'y a aucune surépaisseur. Après avoir recouvert l'objet d'une couche uniforme (habituellement noire ou or) de laque. Sur ce fond, l'artiste implante le décor qui se trouve ainsi en relief. Il recouvre alors la totalité de l'objet, y compris son décor, de laque de la couleur du fond puis, par ponçage, il dégage le décor qui se trouve ainsi être exactement au même niveau que le fond. Cette technique est dite sumi-e togidashi lorsqu'elle imite les dessins orientaux peints avec une encre noire (sumi-e : peinture à l'encre noire).

Elle a été très utilisée par Sunshô.

 

Décor hiramaki-e : les différents décors sont en faible relief sur le fond (pas plus que l'épaisseur d'une couche de laque).

 

Décor takamaki-e : les décors, habituellement en laque d'or, sont en fort relief par rapport au fond. Cet effet est produit par l'incorporation à la laque d'épaississants (par exemple, une quantité plus ou moins importante de poudre de charbon de bois donnera une laque plus ou moins épaisse). Une laque contenant beaucoup d'épaississant aura tendance à moins « s'étaler » qu'une laque qui en contient moins. Les couches de laque ainsi épaissies sont superposées jusqu'à obtenir l'effet souhaité puis recouvertes d'une couche de laque de finition (en général, une couche de laque d'or).

Avant que la dernière couche de laque soit sèche, l'artiste (le maki-e-shi) peut décider l'incrustation d'éléments en nacre (usugai raden), ivoire, or, corail, etc. ou même d'éléments que l'artiste a confectionné lui-même à partir de laque qu'il aura colorée puis sculptée à l'aide du bord tranchant du tsutsu et mise ensuite à sécher sur une plaque de verre (c'est un des avantages du tsutsu par rapport à un autre moyen de pulvérisation).

La division entre les différents décors n'est pas aussi tranchée. Un même objet peut incorporer deux voire trois types de décors.

L'artiste commence par confectionner une âme en bois de l'objet (en général du bambou) qu'il amincit par usure. À ce stade, la pièce est bien régulière et lisse. Elle ne mesure pas plus d'un demi-millimètre d'épaisseur. Il peut alors entreprendre le travail de laquage proprement dit. Il procède par couches superposées en respectant un temps de séchage qui peut atteindre plusieurs jours entre chacune d'elle. Une fois sèche, la laque est poncée puis soigneusement polie à l'aide de la dent de chien jusqu'à ce que sa surface soit parfaitement lisse. Le maki-e-shi peut alors appliquer la couche de laque suivante qu'il mettra également à sécher. Un objet peut comporter ainsi jusqu'à vingt couches successives si la laque est destinée à être sculptée. Le même minutieux travail de ponçage et de polissage est effectué entre chaque couche.

Un minimum de deux couches est nécessaire à une laque d'or : une couche de base et la couverture de finition. Pour réaliser la couche de base, l'artiste saupoudre, à l'aide du tsutsu, la laque encore poisseuse de poudre d'or dont le grain est fonction de l'effet désiré. Les particules adhèrent fortement à la laque au cours du séchage. L'or qui n'a pas adhéré est récupéré par brossage. Un polissage vigoureux donnera une teinte uniforme. Une couche de laque translucide (shuai urushi) est ensuite appliquée en finition. Le ponçage et le polissage de cette dernière l'amincissent jusqu'à ce que la couche or du fond transparaisse sous la couche de finition. Les particules d'or sont ainsi emprisonnées dans la laque. Par usure, la dorure paraît de plus en plus brillante au fil du temps. Parfois, au lieu de teinter la laque dans sa masse selon une des méthodes décrites au paragraphe « fabrication » du présent article, le laqueur peut décider de déposer les pigments sur la laque encore poisseuse comme il le ferait pour des particules d'or (poudre de charbon de bois pour le noir, cochenille pour la couleur rouge foncé, etc.). En mélangeant différents pigments, le maki-e-shi obtient des nuances de couleurs. Ces couches colorées seront toujours recouvertes d'une couche de laque translucide qui sera poncée puis polie. Lorsque les particules sont extrêmement fines, il est impossible de les saupoudrer à l'aide du tsutsu sous peine de les voir voler et se coller au hasard sur la laque ou s'agglomérer par plaques. Il faut alors les appliquer au pinceau ou à l'aide d'un fil de soie.

Copyright © 2014 velvet
Powered with Telemachine